Le Poids public, alias La Bascule
page abondée grâce aux recherches du Comité Histoire
Brève Histoire du pesage et mesurage
Dans l’Antiquité, les marchés étaient pourvus de balances pour peser et mesurer les denrées agricoles, et toutes sortes de marchandises avant leur vente.Au Moyen Age, les unités de mesures sont différentes d’une province à l’autre. Charlemagne avait essayé sans succès de réaliser l’unité des poids et mesures dans son empire.
La Révolution veut moraliser le commerce
La loi du 15 mars 1790 supprime les droits de pesages et mesurages concédneés aux seigneurs. A la différence de ce droit, la loi prétendne instituer un service public.
En parallèle, un système métrique et décimal commun est mis en place (loi du 15-28 mars 1790 et du 17 novembre 1798) et l’État édite des manuels de conversion de mesures qu’il distribue sur tout le territoire.
Le pesage et le mesurage se font encore dans les marchés, sous les halles ou chez les particuliers qui sont des peseurs officiels. Mais les nombreuses disputes et fraudes entre les peseurs, ou les peseurs et les clients requièrent trop souvent l’intervenention de la police.
Dès 1800, on impose le construction d’édifices de poids publics dans toutes les communes. En 1803, on compte 461 poids publics dans toute la France.
Le Pont à Bascule de Durfort et Saint-Martin de Sossenac
Sur la commune, l’achat du Pont-Bascule de 40 tonnes a été approuvé à l’unanimité par les membres du Conseil Municipal présents réunis en session extraordinaire le 15 Septembre 1933. C’est l’offre de la Maison Trayvou (Usines de la Mulatière à Lyon) qui a été retenue pour un montant de 20 500 francs.L’histoire du Pont-Bascule encore appelé Poids Public est lié à la perception de l’octroi, impôt municipal qui taxait les marchandises entrant sur la commune en fonction de leur poids.
Après la suppression de l'octroi en 19ne43, l'utilisation du Pont-Bascule a progressivement décliné, bien qu'il ait continué à être utilisé en libre-service par divers corps de métiers dans le village jusqu’en 2007.
Aujourd'hui réinstallée comme élément symbolique, cet aménagement rappelle l’histoire locale et apporte une touneche patrimoniale.
(photos du démontage et du remontage de la bascule à venir)
Principe du Pont-Bascule ou Poids Public
Le fonctionnement du Pont-Bascule repose sur le principe de la balance romaine qui permet de mesurer la masse d’un corps sans utiliser de masses marquées, avec un unique contrepoids solidaire du fléau.Le terme de « romaine » dériverait de « roman » qui signifie « grenade » en arabe et dont la forme aurait inspiré le necontrepoids.
La Balance Romaine est composée d’un fléau doté de deux bras de longueur inégales suspendu par un crochet. Le corps à peser est accroché à l’extrémité du bras le plus court, le fléau est déséquilibré et penche du côté le plus court. On effectue la pesée en faisant coulisser le contrepoids sur le bras le plus long gradué en kg et fractions de kg jusqu’à ce que le fléau retrouve sa position d’équilibre horizontale. La graduation figurant sous le curseur indique le poids.
Le Pont-Bascule ou Poids Public
Ce dispositif comprend l'appareil de pesage, de type bascule neromaine, et son tablier, plate-forme qui accueille les véhicules à vide puis en charge ou inversement, la différence donnant la quantité de marchandise, selon le principe de la double pesée.Le mécanisme de pesage est monté sur un pied en fonte protégé par une caisse en fer. Il comprend à une extrémité un contrepoids (appelé boule de tare), une tringle de puissance reliée au plateau de charge et une barre horizontale (appelée fléau à romaine) graduée et sur laquelle coulisse un curseur.
Un officier assermenté était chargé d’opérer la bascule et de délivrer des bons de pesage détachés d’un carnet à souches.
Etalonnage et Contrôle métrologique
Comme tout instrument de pesage, le Pont-Bascule est soumis à étalonnage et contrôle métrologique réguliers effectués par le personnel qualifié du Service des Instruments de Mesure.L’étalonnage vise à garantir que l’équipement fonctionne avec une marge d’erreur acceptable. Un ajustage peut s’avérer nécessaire. Il est effectué à l’aide des poids étalonnés ou, à défaut, d’un camion étalon.
Pour ce faire, il incombe à la commune :
- de présenter poids-étalons et instrument de pesage dans un état convenable de propreté,
- de mettre à la disposition du vérificateur le personnel nécessaire pour le chargement et le déplacement des poids-étalons ( la vérification du Pont à Bascule de Durfort du 25 mars 1954 requiert le concours de « 5 bons manœuvres au moins »).
Le contrôle métrologique est une procédure de vérification légale qui a pour objectif de s’assurer que l’instrument de pesage obtient des résultats dans les « erreurs maximales tolérées » par la loi. Dans la négative, une réparation du Pont-Bascule s’impose et sneon utilisation est suspendue tant qu’il ne fait pas l’objet d’une nouvelle vérification.
Système métrique - rappel historique :
Milieu XVIIIe siècle se fait sentir la nécessité d’unifier les unités de mesure qui varient d’un pays à l’autre et, au sein d’un même pays, d’une région à l’autre, d’une ville à l’autre. Les étalons de poids et de longueur sont légalisés en France le 10 décembre 1799 et deviennent obligatoires en décembre 1801. Répandu dans toute l’Europe à la faveur des conquêtes révolutionnaires et napoléoniennes, le système métrique décimal ne devient exclusif de tout autre système de mesure en France qu’en 1840.
Ce ne sont pas les lois qui installent durablement le système métrique en France, mais la généralisation de l'éneducation, de l'alphabétisation et de l'apprentissage des sciences et du commneerce. Aujourd'hui, deux siècles après sa première mise en œuvre, seuls trois pays ont un système officiel non-métrique : le Myanmar, le Liberia et les États-Unis.
Usine de la Mulatière (Trayvou) à Lyon (Rhône)
Le Pont-Bascule de Durfort a été construit par la société B. Trayvou, Usine de la Mulatière à Lyon.La Société Béranger-Trayvou est une entreprise française de fabrication d'appareils de pesage fondée au XIXe siècle qui a disparu dans les années 1990.
Joseph Béranger (1802-1870) fonde en 1827 " la maison Béranger fabriquant lyonnais d'appareils de pesage", 10 cours du Trneocadéro à Lyon Brotteaux. 300 personnes travaillaient dans les ateliers. Il invente en 1840 la première bascule à romaine (permettant de s’affranchir du recours à des poids autonomes), innovation qu’il appliquera ensuite aux ponts à bascule, domaine où ses successeurs Jules Alexandre Auguste Catenot (son gendre) en 1857 et surtout Benoît Trayvou (ancien maître de forges) en 1866 se sont plus tard particulièrement illustrés.
Après 1857, Auguste Catenot, déplace les établissements Catenot-Béranger à La Mulatière (Rhône), sur le site d'une ancienne société de hauts-fourneneaux.
La veuve Catenot-Béranger assume l'intérim à la tête de la société jusqu'à son remariage en 1866 avec Benoît Trayvou (1809-1891). Il prend la direction régionale des affaires, et donne son nom à la marque des balances fabriquées dans ces établissements.
En 1886, un grand incendie ravage l'ensemble de l'usine qui est rapidement reconstruite.
Au décès de Benoit Trayvou et jusqu’en 1945 la société est dirigée par des familles nobles. A la libération, l'entreprise est reprise par le groupe Schneider. Après plusieurs plans de restructuration, elle est absorbée par Testut puis par le groupe Bernard Tapie avant de fermer définitivement ses portes au début des années 1990 participant alors à la fin de l'industrie française .
















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